Chahine A., étudiant en E5 Web & Mobile Development à ÉSTIAM, revient sur son expérience lors d’un hackathon pluridisciplinaire. À cette occasion, une entreprise est venue présenter aux étudiants son projet, Streamix, ainsi que les problématiques techniques à résoudre. Développeurs, profils data / IA et experts en cybersécurité ont alors dû unir leurs compétences pour faire avancer cette plateforme collaborative de revue vidéo.
Il y a des hackathons où chacun bosse dans son coin sur son bout de projet, et il y a ceux où on comprend vraiment ce que veut dire travailler en équipe. Le nôtre était clairement du deuxième genre.
Le défi de départ
Pour ce hackathon, notre équipe a travaillé sur Streamix, un projet porté par une entreprise venue nous présenter son besoin et ses enjeux.
L’objectif : concevoir une plateforme de revue vidéo pensée pour les entreprises, permettant à des équipes de visionner, annoter et commenter des vidéos ensemble, tout en garantissant la sécurité du contenu et en rendant des heures de rushes exploitables grâce à l’IA.
Le projet réunissait ainsi trois problématiques très différentes : développement, data / intelligence artificielle et cybersécurité.
Notre défi n’était donc pas seulement de développer chacun notre partie, mais de réussir à transformer les besoins exprimés par l’entreprise en un produit cohérent et fonctionnel.
Et ça, ça ne se fait pas seul.
Une équipe, trois métiers, un seul objectif
Notre groupe réunissait des profils très complémentaires :
- Les développeurs, dont moi, chargés de construire l’application web : l’interface où les utilisateurs visionnent, dessinent et commentent une vidéo en temps réel.
- Les profils data / IA, qui ont travaillé sur la transcription automatique des vidéos, la détection de chapitres et de mots-clés, afin de transformer des heures de rushes en contenu réellement exploitable.
- Les profils cyber, garants de la sécurité du contenu : chiffrement des flux vidéo, gestion des clés d’accès et système de traçabilité capable de retrouver l’origine d’une fuite.
Ce qui a rendu l’expérience marquante, c’est qu’aucune de ces briques n’avait vraiment de sens isolément.
Une interface de collaboration sans sécurité, c’est une fuite en puissance. Une sécurité sans intelligence, c’est une base de vidéos difficilement exploitable.
On a donc dû apprendre à parler le langage des uns et des autres, à comprendre les contraintes de chacun, mais aussi à garder en tête les attentes de l’entreprise qui nous avait confié le projet.
Mon rôle côté développement
En tant qu’étudiant en E5 WMD et développeur sur le projet, mon travail consistait à donner vie à tout ce que les autres pôles produisaient : afficher en direct les annotations et commentaires que l’équipe cyber sécurisait, intégrer les chapitres et mots-clés générés par l’IA, et faire en sorte que tout s’affiche de façon fluide et lisible pour l’utilisateur final.
Concrètement, j’ai passé beaucoup de temps à faire des allers-retours avec l’équipe data pour comprendre le format de leurs données, et avec l’équipe cyber pour intégrer proprement leur système de clés sans casser l’expérience utilisateur.
Ce qui m’a le plus marqué, c’est à quel point la communication comptait autant que le code.
Un simple malentendu sur un format de donnée pouvait bloquer toute une fonctionnalité pendant une heure. À l’inverse, cinq minutes bien utilisées à s’expliquer clairement autour d’un tableau blanc pouvaient débloquer une soirée entière de travail.
Ce que cette expérience m’a appris
Un hackathon en groupe pluridisciplinaire, ce n’est pas juste additionner des compétences techniques. C’est apprendre à :
- Écouter avant de proposer : comprendre les contraintes des autres pôles avant d’imposer sa propre vision technique.
- Documenter au fil de l’eau : pour que l’équipe suivante — ou soi-même, deux heures plus tard et épuisé — comprenne encore ce qui a été décidé.
- Accepter de refaire : plusieurs fois, une intégration a dû être repensée parce qu’un choix pris par un pôle changeait la donne pour un autre.
- Célébrer les petites victoires collectives : le moment où toutes les briques se sont enfin parlé en direct restera l’un de mes meilleurs souvenirs de ce hackathon.
Cette expérience m’a fait comprendre qu’une bonne application n’est jamais le résultat d’une seule expertise, mais d’un dialogue constant entre plusieurs métiers.
Le fait de travailler sur un projet concret apporté par une entreprise, avec de véritables problématiques techniques et métiers, a aussi rendu l’exercice beaucoup plus réel.
Travailler aux côtés de personnes qui ne pensent pas comme moi — qui voient le produit à travers le prisme de la donnée ou de la sécurité — m’a permis de progresser en tant que développeur. Parce qu’au-delà du code, ce hackathon m’a obligé à prendre du recul et à comprendre le produit dans son ensemble.
Pour moi, Chahine A., étudiant en E5 WMD à ÉSTIAM, ce hackathon a surtout montré à quel point la complémentarité des métiers est essentielle pour répondre à un besoin réel et transformer une idée d’entreprise en solution concrète.